Prendre le temps

Les sensations de la montagne

Sentir l’excitation du départ qui monte comme la sève dans l’arbre. Se dire que ça y est, j’y suis : je retourne profiter de la montagne cet hiver.

Jusqu’à l’année dernière, je n’étais jamais « partie au ski », comme on dit. Ce n’était pas une habitude dans ma famille et skier ne m’a jamais vraiment attirée. C’est en rencontrant mon copain et sa passion pour le ski que j’ai découvert un nouvel amour : la montagne sous la neige.

J’adore voir les sommets en hiver, cette neige à perte de vue, les pentes saupoudrées de sucre glace. En revanche, le ski… Ce n’est pas vraiment mon truc! L’idée de chausser une paire de minces planches pour dévaler des pistes à toute vitesse ne me fait pas vibrer. Je serai plutôt du genre à sentir mon cœur anxieux se serrer, se crisper dans sa poitrine tout en battant la chamade. Alors, j’avoue, je ne sais pas trop pourquoi j’y vais quand même… Pour faire plaisir ? Ou pour étendre ma zone de confort ? Pour me lancer un défi à relever, pour que je puisse (me) dire « au moins, j’ai essayé » ? Peut-être un peu de tout ça…

Paysage

La montagne, j’y étais déjà allée en été. Alors, je connais bien la route en lacet, celle qui nous fait remonter vers les pics et l’estomac au bord des lèvres. Se concentrer sur les plaques de neige qui apparaissent dans les phares, annonçant les grandes étendues blanches plus haut. Penser au chalet chaleureux et accueillant. Les sommets escarpés qui nous entourent, le froid, la neige, autant d’éléments qui favorisent les bons moments passées ensemble au chaud, autour d’un verre ou d’un bon repas. Se dire qu’on est bien, là, tous ensemble. Se réveiller le lendemain et découvrir le paysage, les hauts sommets drapés dans leur toge immaculée.

Cascade

Ce qu’il y a de bien en station, c’est que le ridicule ne tue pas. Nous ressemblons tous à des clowns multicolores qui essaient de marcher dans des chaussures trop lourdes, des raquettes trop grandes ou des vêtements trop gonflés. Mais quel plaisir immense de se balader par -10°C sans mourir de froid !

Marcher, justement, en après-ski ou en raquettes, c’est ce que je préfère faire à la montagne. Profiter du bon air pur, m’en remplir les poumons, tenter d’en faire des réserves pour après, pour le retour. Ouvrir grand mes yeux pour imprimer ces images de nature immense et si blanche. Les couleurs semblent s’être absentées pour aller se reposer, « nous reviendrons au printemps » nous chuchotent-elles. Elles sont remplacées par une kyrielle de minuscules diamants dispersés dans le grand manteau blanc de la plaine. Ecouter la neige craquer sous mes pas, le chant de quelques oiseaux, la course de la rivière.

Coucher de soleil carré

Voilà pourquoi j’adore la montagne en plein mois de février : le silence, le repos, le temps qui s’étire, s’allonge à l’infini. Le temps qui prend son temps.

 

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